L’énurésie chez l’enfant 

Brigitte Langevin 300 dpi
Le contenu de cet article est extrait du livre « Aider mon enfant à mieux dormir », de Brigitte Langevin. 
Formatrice, conférencière et coach pour l’apprentissage du sommeil des enfants.
Auteur de plusieurs livres à succès sur les sommeil des enfants et des adultes, aux Éditions de Mortagne.

 

On parle d’énurésie nocturne lorsque l’enfant perd ses urines de manière régulière, après l’âge de 4 ans. Même si la plupart des enfants sont capables de passer la nuit sans porter une couche entre deux et quatre ans, il n’est pas utile de traiter une énurésie avant l’âge de 5 ans, car l’enfant doit être conscient de son problème, comprendre certaines de ses implications et avoir le désir de le sur­monter. En d’autres mots, le traitement de l’énurésie nécessite une bonne coopération de l’enfant. Aussi, interdisez les taquineries, les observa­tions négatives ou tous commentaires de l’entourage sur le problème. Les frères et sœurs peuvent parfois se montrer cruels et leurs remarques n’arrangeraient en rien la situation. Il existe en fait deux types d’énurésie.

Énurésie primaire

L’enfant n’a jamais été propre et il mouille son lit régu­lièrement depuis une longue période. « À l’âge de 5 ans, 17% des garçons et 13% des filles mouil­lent encore leur lit.

[1] » L’une des causes serait une vessie plus petite que la normale. D’ailleurs, ces enfants éprouvent plus fré­quemment un besoin d’uriner pen­dant la journée. Une consommation réduite de liquides en soirée et le fait de réveiller périodiquement l’enfant pour qu’il aille uriner sont des stratégies couramment employées, mais guère utiles. Avec une vessie trop petite, il risque tout de même de mouiller son lit plus tard dans la nuit. Second point : l’enfant ne perçoit pas les signaux de sa vessie et laisse couler ses urines.

Comment réagir ? L’éducation est un élément clef du traitement. Les parents et l’enfant doivent compren­dre les mécanismes de la miction et les causes de l’incontinence. L’enfant doit savoir clairement qu’il n’est ni paresseux, ni méchant et que plusieurs de ses petits camarades affrontent le même problème.

Dans un premier temps, l’enfant devra prendre cons­cience des sensations de son propre corps; il aura besoin de votre aide. Un petit exercice peut être pro­posé à l’enfant : le stop-pipi. Pendant qu’il urine, l’enfant doit se pratiquer à arrêter le jet au milieu de la miction, uriner encore, puis arrêter de nouveau. Un adulte peut lui don­ner le signal d’arrêt. L’enfant sentira ainsi qu’il a un pou­voir sur son sphincter, qu’il en possède le contrôle volontaire.

Quand l’enfant sent qu’il peut contrôler à volonté son jet urinaire, il est temps de lui faire éprouver ce qu’est une vessie pleine. Il s’agit d’augmenter ses rations d’eau quotidiennes et lui demander de se retenir au moins cinq minutes avant d’aller uriner lorsque l’envie se fait sentir. La deuxième journée, il pourra patienter 10 minutes, 15 minutes la troisième journée, et ainsi de suite. En plus de dilater la vessie, l’enfant apprend à reconnaître la sensa­tion du besoin d’uriner.

Tout au long du processus, les encouragements et les récompenses de la part des parents nourriront la moti­vation de l’enfant. Les parents peuvent égale­ment concevoir un agenda d’entraînement à la pro­preté où les progrès de l’enfant seront enregistrés. Celui-ci apprendra également à se responsabiliser, c’est-à-dire à assumer la conséquence de ses actes. Par exemple, si le lit est mouillé, l’enfant apprendra à changer ses draps et mettre les vêtements et la lite­rie mouillés à la lessive.

On peut considérer que l’enfant aura surmonté son énu­résie au bout de 2 semaines de nuits sèches. En cas d’échec, consulter votre pédiatre; un traitement mécani­que (culotte détectrice)[2] ou médicamenté pourra être sug­géré. L’utilisation de médicaments se justifie après l’échec de toutes les autres tentatives et surtout pour permettre à un enfant (parfois même un adoles­cent, 2% en souffrent) de mener une vie sociale nor­male, de partir en camps de vacances ou avec des amis sans risquer d’être humilié.

Énurésie secondaire

L’enfant se remet à mouiller son lit après avoir été pro­pre durant au moins 6 mois. Le facteur déclen­chant est par­fois évident : la naissance d’un nouvel enfant dans la famille, un déménagement, la maladie d’un parent, une situation familiale difficile, une hos­pitalisation de l’enfant.

Comment réagir : lui laisser le temps de s’adapter. Cependant, une consultation médicale peut s’avérer nécessaire si l’enfant demande de l’aide. Les parents peuvent prendre le rendez-vous et l’accompagner, mais ils devraient le laisser formuler lui-même la demande au pédiatre. Un enfant capable de s’assumer ainsi a de for­tes chances de résoudre son problème sans tarder.

[1] Heather Welford, Aidez votre enfant à dormir, Éditions Broquet inc., 2004, p. 100.

[2] De l’information utile au lecteur est disponible au : http://www.pipiaulit.com/.

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